Récit

1. Le tour du monde des tergiverseurs

J’ai fait le tour du monde de mon salon avec Martin à plusieurs reprises entre le mois de septembre et de janvier. Comme on est de redoutables tergiverseurs, on n’arrivait pas à fixer les voyelles et les consonnes de notre prochain lieu de voyage. Martin avait la tête pleine de rêves parisiens, alors que moi, je grimaçais à l’idée que mon portefeuille canadien se fasse déplumer par une conversion en euro.

Sur le chemin du retour

Le voyage est terminé, mais j’y suis encore. Une porte s’est ouverte, à l’intérieur de moi, et je n’arrive pas à la refermer. Les pentures ont cédé et le vent a emporté le battant.

J’ai débouché dans un non-lieu. Dans un lieu qui n’est pas mien, semblant de chez moi, quelque part entre Montréal et Québec. Mon corps m’y attend, mais moi, je suis encore sur le chemin du retour.

Effets Mille-Isles

La semaine dernière j’ai écrit et lu des textes à l’université j’ai appelé mes parents pour leur dire que je suis toujours vivant malgré mon manque de temps il y a longtemps que je n’ai pas loué de Communauto pour aller voir les champs enneigés de leur campagne je suis allé au boulot au resto faut bien payer le loyer j’ai préparé les repas et j’ai été au cinéma faut bien passer du temps divertissant avec son amoureuse pour ne pas la perdre sur le chemin obnubilant de la maîtrise je suis allé courir trois fois pour ne pas perdr

Cosmologie animiste

Les textes de cette semaine entretiennent un écho avec les notions de territoire que nous avons vu la semaine dernière.

Avoir de gros mollets

« Chaque ethnie se rattache à un élément du milieu écologique pour y fondre un système qui lui permet de survivre à travers une vision du monde spécifique. »

« Le discours géographique actuel, volontairement desséché, n'exprime qu'une part de la réalité : il existe entre l'homme et son sol, entre l'homme et son paysage, d'autres niveaux de relation. » (Joël Bonnemaison, « Voyage autour du territoire », p. 252)

de passage

je suis de passage chez moi quelques vendredis uqàmiens j’ai écrit sans réfléchir spontanément chez moi je sais ce lieu s’est habitué à mon absence ma vie s’est enracinée ailleurs là où mes trois chats sont rois Québec

malgré le passage des années chaque fois que j’aperçois au loin le Stade Olympique traverse le pont franchis l’île de Montréal je me sens immédiatement chez moi mes racines ma famille mes souvenirs sont ici

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